Les membres de l’expédition herborisent au Conservatoire botanique de Genève
De retour de Genève, cinq membres de l’association Terranoos et de l’expédition de Candolle ont fait connaissance avec les collections du Conservatoire botanique de la ville suisse, l’un des plus importants du monde par ses collections d’herbiers, qui abrite notamment l’herbier d’Augustin Pyramus de Candolle.
La première étape de l’expédition de Candolle Pyrénées 1807-2007 passe par… Genève, bien avant Perpignan ou Collioure. Le 24 novembre 2006, le noyau dur de l’équipe qui s’élancera fin juin 2007 sur les sentiers pyrénéens dans le sillage deux cents ans plus tard du botaniste genevois, s’est en effet rendu au Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève qui abrite, entre autres, l’herbier confectionné par de Candolle à son retour. Encore célébré dans sa ville pour son œuvre et son humanisme, l’auguste scientifique est en effet l’initiateur de cet établissement de réputation internationale.

Pour les membres de l’expédition de Candolle Pyrénées 1807-2007, il s’agissait de faire connaissance avec l’herbier d’Augustin Pyramus de Candolle ou herbier du Prodome qui comporte rien qu’à lui seul 180 000 spécimens, conservés sous forme de planches de plantes séchées et soigneusement étiquetées. Émerveillés, les deux principaux botanistes, Boris Presseq et Marie-Pierre Julien ont eu le privilège de tenir en main ces fameuses planches. Ils ont constaté avec satisfaction que les données recueillies alors (espèces florales, lieux de collecte et date) concordent avec les indications du journal de voyage d’Augustin Pyramus de Candolle (1).

Ces informations seront fondamentales au cours de l’odyssée pédestre de l’été 2007.
« Si nous retrouvons au même endroit la plante recueillie par de Candolle, on pourra affirmer que les conditions naturelles n’ont pas changé, observe Boris. Si au contraire, cette même espèce est absente, nous devrons rechercher les causes de sa disparition : soit naturellement soit sous l’action de l’homme : station de ski, pistes, route, reboisement ou même changement climatique. »
En effet, si l’on redoute à juste titre les conséquences de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère sous l’action des activités humaines, on ignore quel sera son impact à long terme sur la fragile flore de montagne : disparition ou remontée de la végétation, ou les deux à la fois selon les espèces et leur adaptabilité.
« Si nous retrouvons au même endroit la plante recueillie par de Candolle, on pourra affirmer que les conditions naturelles n’ont pas changé, observe Boris. Si au contraire, cette même espèce est absente, nous devrons rechercher les causes de sa disparition : soit naturellement soit sous l’action de l’homme : station de ski, pistes, route, reboisement ou même changement climatique. »
En effet, si l’on redoute à juste titre les conséquences de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère sous l’action des activités humaines, on ignore quel sera son impact à long terme sur la fragile flore de montagne : disparition ou remontée de la végétation, ou les deux à la fois selon les espèces et leur adaptabilité.

Le réchauffement du climat provoque en effet depuis le début du XXe siècle une baisse de l’enneigement et par conséquent la fonte des glaciers des Pyrénées, réduits chaque année à la portion congrue.
De leur côté, les initiateurs de l’expédition Alain Félix, responsable de projet et Jean-Noël Herranz, par ailleurs photographes professionnels, s’attelaient à reproduire le fameux herbier, du moins les planches les plus représentatives, ainsi que certains documents d’époque. Par ailleurs, le journaliste et auteur Santiago Mendieta s’immergeait dans les archives (ouvrages, lettres, cartes…) de la bibliothèque du Conservatoire afin de mieux connaître le personnage ainsi que son œuvre.

Dans les sous-sols, entre les étagères surchargées d’échantillons, impeccablement rangés et répertoriés, ainsi que le long des travées du Conservatoire, cette première journée fut suivie pas à pas par une équipe de tournage de France 3 Sud venue pour l’occasion depuis Toulouse. Deux reportages de plusieurs minutes ont été diffusés les jours suivants dans le journal régional, les 27 et 28 novembre à 19 h 20.
L’accueil chaleureux ainsi que le travail de préparation des planches de l’herbier de Candolle réalisé en amont par les équipes du Conservatoire et Jardin botaniques de Genève ont permis aux membres de Terranoos d’avancer dans leurs moissons d’informations et de découvertes. En fin de journée, ceux-ci ont mieux fait connaissance avec Gabriel de Candolle, arrière petit-fils issu de la cinquième génération du botaniste. Rendez-vous fut pris pour se retrouver fin juillet dans les Pyrénées, à Bagnères-de-Luchon et à l’Hospital de Benasque, côté espagnol pour un sommet franco-hispano-suisse qui s’annonce aussi chaleureux qu’épique après un mois de traversée…
S.M.
S.M.

Dans les jardins du Conservatoire botanique de Genève, l’équipe de l’expédition de Candolle Pyrénées 1807-2007 pose sous le buste de De Candolle aux côtés de leurs hôtes helvétiques.
De gauche à droite, Gabriel de Candolle, descendant du botaniste, Alain Félix, Boris Presseq, Patrick Bungener, responsable de la bibliothèque et des éditions du Conservatoire, Jean-Noël Herranz et Mathieu Perret, conservateur et botaniste. Au second plan de g. à d., Santiago Mendieta et Marie Julien. Absents sur l’image : Nicolas Fumeaux, assistant de collection et Betty Dagnaud, attachée de presse Terranoos.
De gauche à droite, Gabriel de Candolle, descendant du botaniste, Alain Félix, Boris Presseq, Patrick Bungener, responsable de la bibliothèque et des éditions du Conservatoire, Jean-Noël Herranz et Mathieu Perret, conservateur et botaniste. Au second plan de g. à d., Santiago Mendieta et Marie Julien. Absents sur l’image : Nicolas Fumeaux, assistant de collection et Betty Dagnaud, attachée de presse Terranoos.
(1) Publié en 1999 sous le titre « Voyage de Tarbes 1807 » (Editions Loubatières, Portet-sur-Garonne), transcriptions et annotations d’Alain Bourneton.