Le cirque de Gavarnie (Hautes-Pyrénées)
Onze. C’est le nombre de cascades que de Candolle a comptabilisées lors de son passage au Cirque de Gavarnie. Deux siècles ans plus, tard nous en comptons neuf dont la plupart coulent timidement. Nous sommes ici dans un cirque mythique Il faut peut-être s’arrêter un instant et regarder le mouvement qui s’impose par le flux quotidien de visiteurs, plus deux mille personnes par jour, en pleine saison. Il y a deux cents ans, le calme devait régnait au fond de ce cirque gardé par ses immenses parois érigées en remparts protecteurs.


Cette journée aurait dû commencer par le pic du Taillon mais, arrivés au col de Boucharo, à 8 h le matin, au milieu d’un vent glacial et d’un épais brouillard nous avons à contrecœur décidé de trouver un lieu plus clément pour les botanistes. Nous décidons donc, de faire le cirque de Gavarnie, remettant pour le lendemain l’ascension du Taillon.
L’arrivée au cirque depuis le village de Gavarnie est facile et nous atteignons rapidement l’hôtellerie située à l’entrée du cirque. Miguel et Nicolas s’avancent au pied des parois pas très loin de la plus grande cascade. Cette zone d’éboulis intéresse les botanistes.
Finalement le soleil se lève et dissipe les derniers bancs de nuages. Nous apercevons de nombreux randonneurs se dirigeant vers la grande cascade pour l’approcher au plus près.
Le spectacle est toujours aussi saisissant c’est comme un grand théâtre à ciel ouvert où les représentations se succèdent les unes derrières les autres sans aucune interruption.
Nous passons toute la journée à herboriser tout autour du cirque. Miguel et Nicolas repèrent des espèces intéressantes dont la Longifolia, digne d’être relevée au GPS. Mais aussi des espèces protégées nationales comme le Géranium cendré.
Nous prenons le temps d’une pause pour le déjeuner. À une centaine de mètres, nous apercevons, immobilisé contre la paroi, un couple paraissant en difficulté aux échelles des Sarradets, un passage délicat et très raide. Au même moment, nous entendons le bruit claquant de l’hélicoptère qui traverse le cirque en suivant les parois rocheuses et qui va se positionner en stationnaire au-dessus des randonneurs en difficulté. Nous assistons en direct à une véritable intervention de secours en montagne. C’est là que nous prenons toute la dangerosité d’une telle intervention pour les secouristes. Les deux infortunés ont été évacués par hélitreuillage, l’un après l’autre.
Ces émotions passées, nous décidons de redescendre à Gavarnie où nous attendent les gardiens des granges de Holle, Joseph et Catherine qui nous accueillent avec beaucoup de générosité.
La note des Botanistes


Comme nous avons dû annuler le Taillon, nous décidons de faire le fond du cirque de Gavarnie depuis la sortie du village.
Après un moment, le sentier débouche sur des pelouses où nous trouvons pour la première fois la Gentiane croisette, gentiane de taille moyenne aux fleurs bleu foncé et aux pétales formant une croix. De belles stations sont présentes et semblent persister malgré le piétinement intense des visiteurs.
Après un moment, le sentier débouche sur des pelouses où nous trouvons pour la première fois la Gentiane croisette, gentiane de taille moyenne aux fleurs bleu foncé et aux pétales formant une croix. De belles stations sont présentes et semblent persister malgré le piétinement intense des visiteurs.

Plus loin, au niveau de l'hôtel du cirque, Nicolas nous indique une falaise de l'autre coté du torrent colonisé par des centaines de Grassettes à longues feuilles, espèce très rare en France. En explorant les falaises sur le flanc gauche du cirque nous trouvons de nouvelles stations de Grasette. Cette herborisation est très intéressante.
Nous notons l'Ancolie des Pyrénées en grand nombre

et plusieurs espèces nouvelles pour l'expédition comme le Silène à quatre dents que De Candolle avait trouvé ici,

, la Raiponce de Charmeil insérée dans les fissures de roches, la cystoptéris des montagnes, fougère rare protégée nationale, la sabline ciliée, une caryophylacées aux feuilles ovales à bordures cilées.


Une belle surprise vient couronner nos recherches de la journée, nous trouvons quelques beaux pieds d'Edelweiss, espèce peu fréquente dans les Pyrénées, qui sont en pleine fleur.

En redescendant, nous traversons un parterre d'alchémille, de Géranium cendré, et d'ail des montagnes, planté d'Iris des pyrénées.

Durant cette journée, nous avons retrouvé toutes les plantes que cite de Candolle, Silène à quatre dents, Saxifrage à longues feuilles, Ramonde...
Mais la forte fréquentation du site, jusqu'à 20 000 personnes en 10 jours, ne va t-elle pas provoquer des modifications sur ce milieu ?