Sur les traces de la première grande traversée pyrénéenne de 1807 par le botaniste Augustin Pyramus de Candolle... 200 ans après

 
200 ans plus tard...
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Epilogue
Historique
Augustin Pyramus de Candolle
La première grande traversée des Pyrénées
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Dossier de presse
2007/06 - pdf (1.74 Mo)

Des granges d'Astau au village de Loudenvielle (Haute-Pyrénées) 

 
Après quelques jours en Aragon, sur le massif de la Maladeta et la vallée d'Estos, au-dessus de Venasque, nous voici de retour en Haute-Garonne, dans le Luchonnais. Depuis les Granges d'Astau, nous devons rejoindre Loudenvielle, dans les Hautes-Pyrénées.
Bivouac Astau
 
Le Val d'Esquierry est la voie la plus directe. Le site est réputé pour sa richesse botanique et a été visité en son temps par de Candolle.
 
Miguel et François, les botanistes, sont prêts à attaquer le raidillon qui nous conduira sur le plateau dominant la vallée d'Oo. Les journalistes de France 3 nous retrouvent pour l'occasion : ils sont lourdement chargés en caméras, matériel de prise de son, barres de céréales et produits dopants légaux ! Il faut dire que la sympathique équipe a déjà effectué avec nous il y a quelques jours la traversée de l'Hospice de France jusqu'à l'Hospital de Vénasque, et ils étaient déjà aussi chargés. L'entraînement continue, les images ramenées sont à la hauteur des efforts fournis.

Christian décide de passer lui aussi, avec nos fidèles porteurs Kaïfa et Hiro. Le terrain après le Couret d'Esquierry, aux pieds du Montségu et du Nord Nère, n'est pas des plus simples et pourtant, les obstacles sont franchis avec facilité.
Vallée d'Esquierry
Cabane d'Esquierry
Couret d'Esquierry
 
Nous passons juste à côté du domaine de ski de Peyragudes. Christian connaît par cœur ce secteur, il y travaille, tout comme Eric, durant l'hiver comme  pisteur pour la station. La réputation du Val d'Esquierry n'est pas usurpée et la nature offre ici une intéressante variété de plantes. La descente à partir du col est longue et parfois bien raide jusqu'à Loudenvielle. Enfin, nous apercevons le lac. Eric nous a retenu un emplacement au camping municipal. Notre programme du soir est vite établi : douche, préparation du repas, tri des plantes récoltées, photos et vidéos… et un repos bien mérité.

 

Notes des botanistes

 
Le val d'Esquierry
Nous partons à 6H45 du refuge d'Espingo pour rallier les Granges d'astau et rejoindre le reste de l'équipe dont nous étions séparés suite aux péripétie de la veille au port d'OO. Dans la descente, sur une falaise humide, nous trouvons une station à Saxifrage de Cluse d'une dizaine de pieds. Plante assez rare, Gérard précise qu'une station aurait été détruite lors de l'élargissement du sentier. Heureusement, la nature semble avoir encore quelques ressources.
8H15, arrivée au bivouac, nous retrouvons l'équipe. Nous mettons rapidement les échantillons d'herbier récoltés depuis trois jours dans la grande presse. Nous repartons vers 10H00 pour le val d'Esquierry. La montée à travers la prairie et la hêtraie est  raide, mais assez courte. À la sortie, nous débouchons sur un immense vallon couvert de fleurs. Nous trouvons une prairie montagnarde pas encore pâturée. Nous relevons, comme de Candolle avant nous, le Millepertuis des montagnes, la Serratule fausse-centaurée, plante remarquable par la taille de son port et de son inflorescence et formant une population de quelques dizaines de pieds très localisée.
Serratule fausse centaurée
 
La Potentille rupestre, la Violette cornue, la Grande astrance sont également présentes.
Potentille rupestre
Grande astrance
 
Bien sûr, nous pensons à l'Aster des Pyrénées, le val d'Esquierry ayant fondé sa réputation botanique en grande partie grâce à cette plante. Souvent mentionnée autrefois, elle est aujourd'hui activement recherchée par les botanistes du conservatoire, mais l'espèce ayant été très récoltée par les collectionneurs de toute l'Europe jusqu'au XXe siècle, elle n'est plus revue aujourd'hui. Mais le val est très vaste, il faudrait plusieurs semaines de prospection pour découvrir des stations. Le fond du val est, lui, assez homogène, avec une lande à rhododendrons sur le versant le moins ensoleillé où nous relevons le Séneçon doronic.
Seneçon à feuilles de Doronic
 
Progressivement sur la soulane (versant sud), la prairie fait place à une pelouse sur éboulis stabilisés avec l'Erigeron des alpes et l'ail des montagnes. Après le col, sur une falaise exposée plein sud, nous avons la bonne surprise de noter la Potentille fausse-alchemille en compagnie du Muflier vert, une endémique des Pyrénées, d'une élégance particulière avec sa corolle blanche magnifique.
Potentille fausse alchemille
 
Après cette belle trouvaille, nous redescendons vers  Loudenvielle.


Vidéo du jour


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