Sur les traces de la première grande traversée pyrénéenne de 1807 par le botaniste Augustin Pyramus de Candolle... 200 ans après

 
200 ans plus tard...
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Augustin Pyramus de Candolle
La première grande traversée des Pyrénées
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Dossier de presse
2007/06 - pdf (1.74 Mo)

De Arles-sur-Tech au refuge de la Batère

 
 
 
Arles sur Tech. Le départ du camp s'est fait tardivement. Comme le soleil s'annonçait généreux - une fois n’est pas coutume, surtout ces temps-ci… -, Boris et Miguel sont partis devant. Nous en profitons pour terminer le montage vidéo de la veille qu'il faut impérativement envoyer.
Deux heures plus tard, nous partons enfin. Nous traversons Arles-sur-Tech avec une discrétion toute relative puisque de nombreuses personnes, attirées par le passage des chevaux, montrent un certain émerveillement devant notre caravane des sommets !
Comme nous cherchons à rejoindre le GR 10, on nous indique alors une route a priori plus facile pour les chevaux. Nous l’empruntons en toute confiance. Hélas, après avoir progressé sur une centaine de mètres de dénivelé, nous nous rendons compte que le fameux chemin n'est ni plus ni moins qu'une voie sans issue. Nous devons  alors revenir sur nos pas afin de récupérer le bon sentier… ce qui nous fait perdre une heure supplémentaire !
Initialement, il était prévu de rejoindre Los Masos mais à mesure que le temps s’écoule, il apparaît de plus en plus évident - et plus raisonnable - de choisir un bivouac moins loin. Notre choix se fixe alors tout naturellement sur le col de la Batère. 
Le chemin que nous empruntons est fortement pentu (près de 1000 mètres de dénivelé depuis le départ d'Arles-sur-Tech !) et, de fait, souvent délicat à négocier pour les chevaux. Alors que les botanistes récoltent leurs précieuses informations sur la flore, de notre côté, nous hâtons le pas afin d’essayer d’honorer le rendez-vous pris avec le journaliste de la Dépêche du Midi qui nous attend depuis le début de l’après-midi. Finalement, nous ne le retrouverons que vers 17 heures !
 

 
 
Asplenium
 

Note des botanistes

Du bar-restaurant-bistrot-disco-pétanque « La Fontaine des Buis » au refuge de la Batère !
 
Aristolochia pistolochia
Les bords du Tech, que nous longeons avant de le franchir grâce à un passage à gué,, sont une terre de prospérité évidente pour la renoncule aquatique. En traversant Arles-sur-Tech, nous remarquons un magnifique pin de Norfolk et de petits jardins ouvriers en terrasses tantôt maraîchers avec tomates, concombre, verveine, kiwi,vigne, tantôt parterres de fleurs avec glaïeuls, hortensias et camellias superbes !
Le GR débute, rude, raide par une belle forêt de chênes verts accompagnés de leur cortège classique de plantes du maquis, ainsi que quelques « nouveaux membres » de sa cour comme l'osirys blanc, de nombreuses lianes avec le chèvrefeuille des bois, le tamier, la salsepareille, la clématite brûlante et une petite merveille dont nous avions parlée la veille en nous remémorant que De Candolle l'avait recherchée : le dompte venin noir. Cette liane volubile aux petites fleurs couleur velours noir n'est pas si commune et suffirait à nous combler pour la journée. Mise en herbier après un point GPS, nous continuons et tombons nez à nez avec l'aristoloche pistoloche une petite herbacée lianescente aux fleurs en forme de pipe et aux gros fruits globuleux.

 
Avec l'altitude, les espèces de chênes se font plus nombreuses : le chêne pubescent apparaît, puis le chêne des Pyrénées et tous les intermédiaires. À la sortie de la forêt, un décor de western : le pin sylvestre prend le relais dans un décor très minéral de granites friables. Le sol, mince et rare, ne permet pas une grande diversité floristique mais on retrouve tout de même la centaurée pectinée. Rajoutant à l'ambiance, les traces d'une ancienne exploitation minière, pylônes, câbles, chariots et autres éléments métalliques sont partout.
Succède un plat assez long avec une végétation rudérale de plantes hautes : les vipérines, et autres marguerites attirent des centaines de papillons de toutes tailles et de toutes les couleurs. Un peu plus loin, au pied d'un ciste à feuilles de sauge, nous trouvons une plante parasite peu courante, cytinus hypocistis de la famille des rafflésiacées, dont le plus proche parent vit dans les forêts tropicales d'Asie du sud-est.

Le GR nous amène ensuite dans le talweg à travers une belle forêt de feuillus jusque vers un torrent magnifique. Frênes et châtaigniers s’y succèdent. Puis, place à de vastes zones de pâturages de prairies sèches où l’on remarque la mauve musquée et la silène enflée. Après une forêt de noisetiers, une montagne plus familière s'offre à nous : si la flore méditerranéenne est toujours présente, des espèces montagnardes commencent à apparaître dans un magnifique lapiaz : germandrée des Pyrénées ; globulaire rampante dont les tiges ligneuses épousent parfaitement les contours de la roche ; la koélérie du Valais, une belle graminée ; l'ononis strié ; la joubarbe des toits et la joubarbe des montagnes.

Pour bien finir la journée, avant l'arrivée au bivouac, un magnifique puig couvert d'une belle pelouse est riche d'une diversité étonnante : aster alpin, raiponce orbiculaire, orchis brûlée, pied de chat, œillet de Montpellier et une foule d'autres petites espèces. Les gros blocs de granit qui parsèment la pelouse hébergent l'alchémille saxatile au revers des feuilles argenté et la raiponce hémisphérique. Peu pâturé, l'endroit permet aussi à une flore classique dite « de reposoir » de se développer : ce sont des espèces qui peuvent pousser dans un sol enrichi par l'azote présent dans les déjections animales, résister au piétinement ou au broutage des bêtes. Cirse laineux, orties, mauve négligée, bardane plantain et pâturin sont les plus fréquents.
Enfin après une très grosse journée, c'est l'arrivée au refuge de Batère, ancien hébergement des mineurs, reconverti en partie en refuge gardé.
 
 
Centaurea pectinata
Teucrium pyrenaicum
Rhinanthe
 
 

Vidéo du jour


 
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