Sur les traces de la première grande traversée pyrénéenne de 1807 par le botaniste Augustin Pyramus de Candolle... 200 ans après

 
200 ans plus tard...
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Augustin Pyramus de Candolle
La première grande traversée des Pyrénées
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Dossier de presse
2007/06 - pdf (1.74 Mo)

De Las Illas à Arles-sur-Tech en passant par le Roc de France. (Pyrénées Orientales)

 
La journée de la veille avait été éprouvante. Aussi, au moment du départ de Las Illas pour rejoindre le Roc de France nous espérions que la journée serait plus calme mais, comme nous le redoutions un peu, nous nous rendons vite compte que les chevaux ne pourront pas passer. Après un briefing, nous prenons la décision la plus sage : les bêtes doivent être transférées vers Arles-sur-Tech.

De nouveau, le groupe se scinde en deux : les botanistes Boris et Miguel accompagnés de Jean-Noël d’un côté ; Alain, Éric et Christian de l’autre afin de prendre en charge la logistique.

Rendez-vous est pris entre 17 et 18 heures au village de Montalbà. Après que l’équipe des botanistes se fut mis en marche, les trois membre du deuxième groupe doivent trouver le moyen d’acheminer les chevaux. Pas une mince affaire. Pour la petite histoire, et afin de bien rendre compte de la difficulté de l’opération, il faut savoir que Las Illas, village enclavé au fond d’une vallée encaissée, est le théâtre de de récits comme celui des « Trabucayres » qui raconte comment ces bandits de grand chemin utilisaient une topographie qu’on croirait pensée pour les guet-apens afin de détrousser les paisibles promeneurs au célèbre Coll de Li, un passage emprunté par les réfugiés espagnols.
Heureusement pour nous, M. et Mme Martinez, qui nous ont offert l’hospitalité, en nous permettant de bivouaquer sur un espace qu’ils ont mis à notre disposition, nous conseillent alors de prendre contact avec l’une de leurs connaissances, Bernard Espinel, afin de résoudre la délicate équation équestre. Ce qui fut fait sur le coup des 17 heures. Entre temps, Alain et Éric avaient déjà pris la direction d’Arles-sur-Tech afin de trouver un lieu de bivouac pour la nuit. Comme à leur habitude, ils avaient contacté la mairie mais, l’accueil n’étant pas des plus chaleureux, ils se sont vite mis à prospecter par leurs propres moyens… Ce n’est qu’après quelques demandes infructueuses qu’ils dénichent enfin la Fontaine des Buis qui allie le havre de paix que tous attendaient à… l’ambiance d’une guinguette ! Très bon moment, notamment grâce au gérant du lieu, Albert, un homme d’une grande générosité.
 
 
 
Roc de France
Serpolet oeillet
 

Notes des Botanistes

L'altitude que nous prenons aujourd'hui ainsi que notre cheminement, principalement en versant nord, vont conditionner une végétation particulière. Cela commence dès le village, vers le col, avec une magnifique châtaigneraie qui borde un petit torrent et crée une belle ambiance humide. En s’élevant encore et après avoir franchi une vaste pinède de pins sylvestres, nous herborisons, dans des coussins de serpolet, d'oeillets et d'immortelles, qui profitent de trouées dans la forêt pour recouvrir les larges blocs granitiques présents. Le Roc de France qui termine une longue crête aux alentours de 1400 m, dans l'étage montagnard, est constitué d'un chaos granitique et de petites prairies où apparaissent les premières gentianes jaunes et le sureau à grappe dont les fruits rouges sont comestibles. Sur les blocs rocheux, beaucoup de minuscules sédums, petites plantes grasses qui compensent le manque d'eau du milieu grâce à leurs feuilles charnues, des fétuques, graminées au système racinaire puissant, des œillets  aux belles fleurs roses, des jasiones aux pompons bleus, de très longs moments d'herborisations en perspective... 
 
L'heure tournant, nous entamons alors la descente en versant nord vers le village de Montalbà. Descente magnifique dans une forêt luxuriante de hauts arbres, cerisiers chargés de fruits succulents, châtaigniers aux floraisons suaves, aulnes de très grande taille en bord de torrent et en sous-bois, des digitales jaunes, des fougères, de la bruyère en arbre... Dans un vieux mas en ruines où un mur éventré laisse deviner un vieux four à pain, les traces d'anciennes cultures avec des noyers, des pommiers et les très belles feuilles argentées de quelques pieds d'absinthe nous rappellent que ces lieux ont été plus vivants qu'aujourd'hui.
 
Gentiana lutea     Orobanche
 
 

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